Dépendance dans le couple
La thématique de la dépendance affective est très sérieuse et répandue. C’est pour cela que certains couples manquent de discernement en ce qui concerne ce sujet. Vous aussi, vous pensez peut-être être dans cet attachement anxieux. Pour vous éclairer, voici quelques idées qui s’y rapportent.
Quand la dépendance fait partie du jeu des relations amoureuses
Lorsque vous tombez amoureux de quelqu’un, vous pouvez faire plusieurs choses, comme vérifier que vous êtes tous les deux compatibles, retenir ses goûts, chercher à passer plus de temps avec lui…
C’est là que la nuance apparaît. C’est parce que vous l’aimez, que vous attachez de l’importance au fait de lui plaire, à ses ressentis, à ses critiques. C’est à cause de la dynamique de séduction où vous vous trouvez, que vous changez parfois de style vestimentaire et de coiffure, que vous vous adaptez, que vous mettez en valeur certains traits de votre personnalité. Il arrive même que dans vos pensées, vous le mettiez à une place très haute, vous considérez ses avis comme essentiels par rapport aux vôtres. Tout cela ne signifie pas pour autant que vous êtes dépendant affectif. C’est normal de vouloir être apprécié par votre compagnon/compagne, de fournir des efforts en le séduisant.
Si vous croyez avoir un problème, c’est parce que vous êtes dans une culture qui avance que l’autonomie est mieux. Quand vous êtes alors en couple, c’est comme si vous dépendiez de l’autre pour pouvoir entreprendre des modifications ou prendre des décisions.
Quand la dépendance prend une forme de manque de confiance en soi
C’est dans cette deuxième partie que vous pouvez vraiment distinguer la dépendance normale d’un assujettissement émotionnel. Par exemple, quand vous vous faites belle pour votre homme, quand ses opinions vous intéressent, cela ne veut pas dire que vous souffrez d’une codépendance. En revanche, c’est le cas si :
- Vous avez perdu la capacité de vous estimer vous-même.
- C’est la validation de l’autre qui a un impact sur votre confiance en vous.
- Vous vivez avec l’idée que tout passe par votre partenaire.
- Vous n’êtes jamais satisfait de ce que votre homme/femme apporte. Vous cherchez à être comblé en permanence.
Imaginez que votre for intérieur est fait de deux récipients. Le premier sert à accueillir tout ce qui vient de l’extérieur. Le second, lui, c’est pour recevoir tout ce qui provient de vous-même. Puisque, comme tout être humain, vous avez besoin d’être aimé et valorisé, le premier contenant comporte donc l’amour et les valeurs que vos proches et votre amoureux vous accordent. Quant au deuxième, c’est à vous de le remplir, mais puisque vous êtes dans la dépendance affective, vous attendez les autres.
Les conséquences de l’attachement anxieux
La première forme de dépendance pousse dans la complicité, et ravive la flamme de l’amour d’un couple. Quant à la seconde, celle qui est néfaste pour une relation amoureuse, elle dévalorise la personne dépendante et dénature son partenaire, ce qui rend leur histoire d’amour complexe et dépourvue d’authenticité. Cela se manifeste par exemple lors d’une mésentente, l’individu qui présente un attachement anxieux retient ses frustrations, parce qu’il a peur de perdre son amoureux. Par conséquent, celui-ci ne sait plus comment l’aborder, quoi penser, ou que faire pour lui démontrer qu’il tient à lui. Il se tait et se forge une carapace. Résultat, il n’est plus complètement lui-même.
Autre illustration plus précise qui a peut-être déjà eu lieu entre vous et votre conjoint(e). Il a annulé à la dernière minute votre soirée en amoureux, car un ami, qu’il n’a pas revu depuis longtemps, l’a contacté pour passer un moment avec lui. Vous vous sentez relégué au second plan, mais plutôt que d’en discuter avec votre homme, vous avez enfoui en vous votre contrariété. Vous ne voulez pas l’étouffer et craignez qu’il s’éloigne de vous si jamais vous en parlez. Vous vous effacez peu à peu et l’autre ne note pas la distance qui gagne du terrain entre vous deux.
Si vous pensez souffrir du deuxième type de dépendance, vous pouvez vous en sortir en prenant conscience que votre compagnon/compagne n’est pas le responsable absolu de votre bonheur. Faites-vous également accompagner par un professionnel à même de vous guider au mieux.